Quelques lectures stimulantes

Pierre Farron, pasteur, fondateur de la Permanence Trav’aïe à Lausanne, et Mickaël Labbé, philosophe et Maître de Conférences à l’Université de Strasbourg, ont cueilli pour nous quelques lectures et deux films :

Philosophie

  • Simone Weil : La condition ouvrière, L’Enracinement, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale (ouvrages disponibles en édition de poche chez Folio essais).
  • Mickaël Labbé, La notion de travail chez Simone Weil, SCEREN-CNDP-CRDP, 2014.

Théologie, histoire et société

  • Didier Crouzet, Travailler, faire son marché, lire la Bible, Ed. Olivétan 2006
  • Liliane Crété, Le protestantisme et les paresseux, Ed. Labor et Fides 2001
  • Marie Balmary, Abel ou la traversée de l’Eden, Grasset 1999. Avec notamment  un grand chapitre sur la parabole des talents (Matthieu 25, 14-30)
  • François Dermange, La vocation, source ou horizon du travail ? Dans l’ouvrage Le travail refiguré de Hunayadi  Mark et Marcus (dir.) Chêne-Bourg/Genève, Georg, 1998, p. 29-57
  • Pierre Farron, Dis, pourquoi tu travailles ? Ed. Ouverture 2012
  • Jean-Claude Guillebaud, La force de conviction. Ed. du Seuil, 2005
  • Cécile Renouard, Ethique et entreprise. Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire, éd. de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2013
  • Françoise Mési, Le sens du travail en France  au début du XXIe siècle : Matière à réfléchir ? Mémoire de maîtrise en Théologie, Institut Protestant de Théologie de Montpellier, 21 janvier 2016, téléchargeable en cliquant ici

Psychologie du travail

  • Christophe Dejours Travail, usure mentale Ed. Bayard Jeunesse 2008
  • Yves Clot, Le travail sans l’homme ? Ed. La Découverte 1995
  • Pascale Molinier, Les enjeux psychiques du travail. Payot & Rivages 2008
  • Dejours Christophe, Bègue Florence, Suicide et travail, que faire ?, Puf
  • Dejours Christophe (dir), Conjurer la violence (Violence, travail, santé), Payot
  • Vassal Olivier, Quand le don de soi ne va plus de soi, Pearson Village Mondial
  • Molinier Pascale, Les enjeux psychiques du travail, Payot
  • Brunstein Ingrid (dir), L’homme à l’échine pliée, Desclée de Brouwer

Sociologie du travail

  • Danièle Linhart, La comédie humaine du travail. Ed. Eres, Toulouse 2015
  • Marc Loriol, Le Temps de la fatigue. Ed. Anthropos 2000

Approche anthropologique

  • Norbert Alter, Donner et prendre. La coopération en entreprise. Ed. La Découverte, Paris 2009

Témoignages

  • Marie Pezé, Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés. Ed. Pearson Education 2008, également disponible sous forme de documentaire DVD
  • Florence Aubenas, Le Quai de Ouistreham. Ed. de l’Olivier 2010.
  • Anna Sam, Les tribulations d’une caissière. Ed. Stock 2008

Multimédia

  • J’ai (très) mal au travail Film de Jean-Michel Carré, avec des compléments de Marie Pezé, psychanalyste, Paul Ariès, politologue et Christophe Dejours, psychologue du travail et psychanalyste. Double DVD paru en 2009. Documentaire avec des témoignages complétés par des analyses de spécialistes, dans un langage très accessible, d’un intérêt exceptionnel.
  • Documentaire de Marie Pezé, Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés, également disponible sous forme de livre Ed. Pearson Education 2008.

 

J’ai perdu mon emploi..

JR,  administrateur bénévole de Mirly-Solidarité, a souhaité partager avec nous ce témoignage imaginé… à partir de données réelles, pour nous aider à comprendre les enjeux du chômage de longue durée.

J’ai perdu mon travail il y a presque 2 ans ; il y a 10 mois, Pôle-Emploi m’a fortement conseillé de me faire accompagner par une association spécialisée, on m’a dit « association insertion ». Pourquoi pas. Je me suis présenté à Mirly-Solidarité, dans le Foyer protestant de la Duchère. Et donc depuis 10 mois j’ai des entretiens réguliers avec une conseillère, qui prend le temps de m’écouter , et aussi je vais parfois le lundi après-midi au café-emploi, nous sommes chaque fois une petite dizaine comme moi, avec des gens qui animent les échanges, des citoyens engagés je pense.

Il y a 2 mois on m’a demandé si je voulais bien répondre à un questionnaire, que ma conseillère devait remplir pour moi . « 60 autres personnes comme vous vont être interrogées, dans l’association » m’a-t-elle dit, « et plus de 400 sur Lyon ». « C’est une expérience : nous voulons mieux comprendre ce que vous apporte notre accompagnement, à des gens dans votre situation de chômeurs en difficulté ».

Même 3 mois après ma rencontre avec l’association j’aurais été incapable d’accepter, de répondre quoique ce soit – sinon que je me sentais comme un grand malade sans boussole, une personne qui s’évaporait lentement à ses propres yeux et aux yeux des gens du quartier.

Je ne veux pas vous souler, mais ce questionnaire, auquel j’ai répondu comme un convalescent répondrait à l’hôpital au toubib lui demandant « est-ce que vous allez mieux ? » m’a appris beaucoup de choses sur cette maladie du chômage.

Je ne savais plus ce que je savais faire, ce que je voulais faire, j’étais probablement plutôt déprimé – et maintenant j’y vois plus clair, je connais mieux mes qualités et mes compétences, et ma motivation est revenue : c’est vrai pour 90 % des personnes interrogées comme moi, m’a dit ma conseillère.

Ma vie s’était délitée, je n’avais plus le cadre du travail, d’autant que mes ressources avaient fondu. Et maintenant je gère mieux mon temps, j’ai retrouvé de l’autonomie dans mes déplacements par exemple. Pour 83 % des collègues c’est pareil.

Avec ma famille, comme avec mes voisins, j’étais devenue une ombre silencieuse ; avec les réunions d’échanges entre chômeurs de mon espèce, et aussi les sorties en ville avec le groupe « culture » où par exemple nous avons visité l’Opéra et rencontré des danseurs qui s’entrainaient, j’ai enfin senti que j’étais quelqu’un, j’ai entendu mon fils dire tout bas à sa mère « dis Maman, Papa je l’avais pas vu aussi super », je prends mes responsabilités maintenant. Idem pour notre groupe : nous nous retrouvons avec plaisir et chacun a des projets !

Bon, avec tout ça et ma recherche d’emploi ? Ca se précise, la semaine prochaine je pars en formation pour deux mois, je devrais trouver un job ensuite m’a assuré ma conseillère.

Peut-être un contrat d’un an seulement, c’est souvent comme ça. Pas trop grave : je me sens maintenant bien debout, bien armé pour rebondir, de job en job. Le travail aujourd’hui, c’est pour beaucoup de personnes une course de haies : mais pour ce sport, ça va maintenant, je me sens d’attaque.

51 podcasts sur le sens du travail – pour 10 € !

De septembre 2016 à juin 2017, Michel Aviron-Violet(1), et Françoise Mési(2) ont réalisé 51 émissions sur le sens du travail diffusées sur RCF Pays de l’Ain.
Dans un contexte social dominé par la précarité du travail et le chômage de masse ― qui touche particulièrement les jeunes, il est important de donner à chacun du grain à moudre pour élaborer sa propre réflexion.
Comment en sommes-nous arrivés à la toute-puissance du travail dans nos sociétés occidentales ? Quels sont les enjeux de la modification en cours du cadre législatif ? Quel regard chrétien porter sur la situation ? Quelles sont les initiatives porteuses d’espérance ? La saison 2015-2016 rassemble 42 émissions de 6 mn qui ont été diffusées de manière hebdomadaire.
La saison 2016-2017 rassemble 9 émissions mensuelles de 25 mn (pour voir la liste complète des émissions, cliquer ici)

La clé est disponible à la vente en ligne : cliquer ici pour accéder au formulaire.

Si vous souhaitez payer par chèque : envoyez vos coordonnées postales et un chèque de 13€ (libellé à l’ordre de RCF Pays de l’Ain) à : Françoise Mési, 11 rue Lalande 01000 Bourg-en-Bresse.

Les recettes de la vente seront consacrées au développement de l’émission.

Vous pouvez écouter la nouvelle saison 2017-2018 sur RCF pays de l’Ain

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(1) Ancien inspecteur du travail et Directeur départemental du Travail du département de l’Ain, Michel Aviron-Violet a été Président de RCF Pays de l’Ain. Il est aujourd’hui le co-réalisateur averti de l’émission « Travail en quête de sens ».
(2) Françoise Mési est pasteure de l’Église Protestante Unie de France, et membre de droit du conseil d’administration de RCF Pays de l’Ain. Après avoir consacré son mémoire de fin d’études au sens du travail, elle met ses 35 ans d’expérience en entreprise au service de la co-réalisation avec Michel Aviron-Violet de l’émission « Travail en quête de sens »

Le sens du travail en Suisse romande

Chrétiens au travail, c’est le nom de l’association de nos amis suisses romands, qui se définit comme œcuménique, ouverte et engagée : « Défendre la dignité au travail, c’est une écoute, une parole, une attention. Notre association vous offre des occasions de partage et de réflexion avec des personnes d’horizons très divers. »

Pour découvrir leur site, cliquer ici.

Ricoeur : Travail et Parole

Un article paru en 1953 dans la revue Esprit. Quelques extraits :

Tout labeur, est col-labeur,. c’est-à-dire travail non seulement partagé mais parlé à plusieurs.

L’éclatement des anciens métiers dans des tâches parcellaires et répétées qui demandent de moins en moins de
qualification professionnelle pose un problème troublant : il ne faudrait pas que l’éloge du travail par les philosophes
et les théologiens se perde dans les nuées, au moment même où une masse de plus en plus grande de travailleurs
tend à considérer son travail comme un simple sacrifice social qui n’a pas de sens pour le producteur mais pour le
consommateur qui, grâce à lui, dispose de plus de biens et pour la période de loisir conquise par l’abrègement de la
journée de travail.

Une civilisation ne conserve de mouvement que si elle assume tous les risques de la parole et institue le droit à l’erreur
comme une fonction politique indispensable. Ce risque de la parole est le prix qu’une civilisation du travail doit payer
pour le service que la parole rend au travail.

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