Ricoeur : Travail et Parole

Un article paru en 1953 dans la revue Esprit. Quelques extraits :

Tout labeur, est col-labeur,. c’est-à-dire travail non seulement partagé mais parlé à plusieurs.

L’éclatement des anciens métiers dans des tâches parcellaires et répétées qui demandent de moins en moins de
qualification professionnelle pose un problème troublant : il ne faudrait pas que l’éloge du travail par les philosophes
et les théologiens se perde dans les nuées, au moment même où une masse de plus en plus grande de travailleurs
tend à considérer son travail comme un simple sacrifice social qui n’a pas de sens pour le producteur mais pour le
consommateur qui, grâce à lui, dispose de plus de biens et pour la période de loisir conquise par l’abrègement de la
journée de travail.

Une civilisation ne conserve de mouvement que si elle assume tous les risques de la parole et institue le droit à l’erreur
comme une fonction politique indispensable. Ce risque de la parole est le prix qu’une civilisation du travail doit payer
pour le service que la parole rend au travail.

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